Dans les bois, dans les prés, tu
virevoltes.
Tel un pétale, détaché porté par le vent, qui flotte.
Que cherches-tu joli papillon en goguette?
Est-ce ta dulcinée, par ces sentiers égarés, que tu guettes?
Tu t'es posé, sur la fougère, pour te réchauffer
Au soleil de midi, mais je ne peux t'approcher.
Ton envol si prompt, me surprend, et par dessus la haie,
Dans les champs d'à côté, vite tu disparais.
J'étais pourtant, avec une infinie prudence,
A pas léger, sans brindilles brisées, venu en ta présence.
J'aurais aimé voler ton image, mais tu ne m'as pas laissé,
Trop sauvage, ivre de vie et assoiffé de liberté.
Il m'aura fallu patience, où sur une fleur posé,
Tu te prêtes enfin à mes desseins, par le nectar gavé,
Tu étales tes ailes si magnifiquement ornées,
Aux reflets moirés. Sur la pellicule je t'ai fixé.
Pars où tu veux, maintenant, messager du printemps!
Le bruit du déclic, à lui seul, pour toi est alarmant.
Je te perds déjà, au loin; tu disparais dans la nature.
Va, petit clignotant, poursuivre tes aventures.
BLEDOR
(1er juin 2008)