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La poésie

 
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Elvea Indil



Age: 29
Inscrit le: 05 Oct 2008
Messages: 309

MessagePosté le: Ven Oct 09, 2009 11:16 pm    Sujet du message: La poésie Répondre en citant

Bonsoir à tous !

Une petite pointe de nostalgie en ayant redécouvert ce long travail que j'avais effectué pour aider des internautes à mieux comprendre la poésie.
Etant donné qu'il y a des poètes ici bas, je me suis aussitôt dit que ce "cours" pourrait vous intéresser, même si vous connaissez déjà toutes les subtilités de la poésie.

A savoir que tout ce qui suit dans ce "cours", sont les restes de mon année de seconde, en français que j'ai passé avec une exceptionnelle professeur, Madame Gornet.


Voici un poème que j’aime beaucoup et qui sera notre figure d’exemple pour les explications sur la poésie ci-après.

A savoir que ce sonnet a été publié après la mort de Ronsard, en 1586. Les Derniers vers présentent l’image d’un homme aux portes de la mort...)


Je n’ai plus que les os… (Ronsard)


Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé,
Que le trait de la Mort sans pardon a frappé,
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé ;
Adieu, plaisant Soleil, mon œil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place.



Introduction :

Je ne raconterais pas l’histoire de la poésie ainsi que son évolution à travers les ages en introduction, mais je vous donne juste une petite définition, afin de bien comprendre ce qu’elle est réellement.
La poésie est un art du langage qui se caractérise par la mise en place de toutes les ressources de la langue (lexicales, syntaxiques, mais aussi sonores et rythmiques) afin de créer pour le lecteur ou l'auditeur un plaisir à la fois intellectuel et sensible.
Dans un premier temps, je vous expliquerai les différents types de poésie qu’il existe, puis nous passerons à la partie essentielle du cours, à savoir, la versification. Enfin, je vous rappellerai les différentes figures de rhétorique qu’il existe et vous étalerai le vocabulaire poétique. (Non non, ça n’est pas du tout scolaire ! Lool ! Et désolé, mais c’est comme ça que ça me vient, même si certain me diront que j’aurais dû mettre le vocabulaire poétique en premier ! Que voulez vous ! J’essaye un minimum de structurer, moi !! Et me dites pas en prime que je flood parce que la, je vous tue Mr. Green )



I/ Les différents types de poésie

A – Les formes fixes de poème

On appelle poèmes à forme fixe les poèmes qui suivent des règles précises de composition. (Ha yes, j’oubliais de vous préciser, je vais beaucoup parler du XVIe siècle car c’est pour moi le siècle de prédilection, en matière de poésie Wink )
Le XVIe siècle utilise le rondeau et la ballade hérités du Moyen Age et développe le sonnet.

- Le rondeau :

Il existe depuis la fin du XIIIe siecle et signifie en fait « danse en rond » ; initialement, c’est une chanson vocale ou instrumentale faite pour la danse.
Le rondeau comprends en général 15 vers regroupés en 3 strophes, chacune des 2 dernières étant suivie d’un refrain :
1 quintile (rime aa bb a)
1 tercet (rime aab) + 1 refrain
1 quintile (rime aa bb a) + 1 refrain (lememe en général)
Les rondeaux sont essentiellement écrits en octosyllabes (8 syllabes) ou en décasyllabes (10 syllabes).
Poème bref, le rondeau se prête particulièrement à l’expression du sentiment personnel, en particulier du sentiment amoureux.


- La ballade

Il s’agit la encore d’un poème souvent accompagné de musique.
Elle comprend en générale3 strophes de 8 vers en octosyllabes ou de 10 en décasyllabes.
(Bref, je n’ai pas trop envie de parler de la balade ! lol ! A moins que ça intéresse quelqu’un, je m’y attarderais, mais la, je préfère passer au sonnet, nettement plus intéressant Mr.
Green )

- Le sonnet

Le mot vient de l’italien « sonetto », petit son, et désigne à l’origine un poème court destiné à être chanté. C’est Marot qui écrit le premier sonnet français, mais c’est Du Bellay et surtout Ronsard (mon préféré ! Cf. : Je n’ai plus que les os) qui l’imposeront.
Le sonnet compte 14 vers répartis en 2 quatrains et 2 tercets, sur un de ces schémas :
1/ abba abba ccd eed (cf. le poème de Ronsard)
2/ abba abba ccd ede

D’abord écrit en décasyllabes, le sonnet est ensuite composé d’alexandrins, vers qui permet des coupes plus variées (hémistiche par exemple. Ne vous inquiétez pas, je vais vous expliquer tout le vocabulaire après ! lol !)
La composition même du sonnet est souvent dictée par le schéma métrique. Par exemple, les 2 tercets ouvrent sur une autre idée que celle des 2 quatrains.
Le dernier vers constitue souvent une chute inattendue ou qui met l’accent sur un point particulier.
Le sonnet est à l’origine un poème d’amour


B – Le poème en prose

L’expression « poème en prose » est paradoxale puisqu’elle réunit 2 termes qui s’opposent : la prose, l’écriture libre, et la poésie, qui repose sur les contraintes du vers, des rythmes et des rimes. Les deux pourtant se combinent en un genre créé dans la première moitié du XIXe siècle.

Avec le romantisme au XIXe siècle apparaît une exigence de liberté qui donne naissance à un genre tout à fait nouveau, le poème en prose. Quelques exemples d’auteurs ; Baudelaire avec Le Spleen de Paris, Rimbaud (toute façon, ces deux là, ils sont toujours dans le même bain ! lol ! Quand on parle de l’un, on parle de l’autre ! Rha lala et dire qu’en plus ils étaient homosexuels ! lol ! Je suis certaine qu’ils ont eu une aventure ensemble ! mdr), Ponge, Claudel et bien d’autres.

Le poème en prose n’est ni versifié, ni rimé. Sa présentation graphique est celle d’un texte en prose de longueur variable et en un ou plusieurs paragraphes. Comment donc le reconnaître ?? Hé hé ! C’est là toute la question ! On le reconnaît à ce qu’il constitue une unité de sens ou de thème. Bref, encore une fois, je n’ai pas trop envie de m’étaler ! Surtout que c’est surtout la versification qui nous intéresse ! :D



II/ La versification

La poésie française repose traditionnellement sur des unités rythmiques et typographiques appelées vers, terminées par des sons répétés, les rimes, et disposées, ou non, en groupes appelés strophes.

A / Le vers

Repérable par sa typographie, le vers et un ensemble régulier et accentué de syllabes prononcées.

1- Les syllabes

Le nombre de syllabes détermine le nom du vers :
Alexandrin (12) ; décasyllabe (10) ; octosyllabes (Cool ; heptasyllabe (7). Il existe aussi des vers de 4 ou 6 syllabes et d’autres qui en comportent 5, 9 et 11.
Le « e » en fin de mot ne compte que si le mot suivant commence par une consonne. Il ne compte pas en fin de vers. (Ex : Je n’osE voir mes bras que de peur je ne trembl(e).)
On appelle « diérèse » le fait de prononcer, en poésie, certaines syllabes non prononcées en prose (ex : Que ne t’es tu vers DIane tournée ?)
Le phénomène inverse, qui rassemble en une seule syllabes, est une synérèse (ex : Si est ce que Dieu la juste intelligence // Court après le meurtrier (lire meurtr-ier) et en prend la vengeance.

2- Les accents rythmiques et les coupes

Le vers, quelle que soit sa longueur, est divisé en éléments séparés par des pauses appelées coupes. Celle qui se situe au milieu du vers est la césure (dans un alexandrin, la césure se fait entre les 2 hémistiches (les 6 premières syllabes d’un alexandrin, ou bien les 6 dernières) )
Les autres sont des coupes secondaires. Par les arrêts qu’elles provoquent dans la lecture, elles sont à l’origine des différents effets d’harmonie, de ralentissement ou d’accélération du rythme, comme dans un morceau de musique Wink . Elles sont en relation avec les accents, qui se situent sur la dernière syllabe de chaque unité grammaticale (bref, de chaque mot). La combinaison des coupes et des accents crée le rythme du vers.

3- Enjambement, rejet, contre-rejet

La fin du vers, unité métrique, ne coïncide pas toujours avec la fin d’une unité grammaticale. Celle-ci peut se poursuivre au début du vers suivant, ce qui provoque des effets de rallongement, continuité et mise en relief. Le phénomène s’appelle un enjambement. Le groupe qui commence le vers est un rejet.
(Ex d’un rejet :
Il dort dans le soleil, la main sur la poitrine
tranquille. Il a 2 trous rouges au coté droit.)
Lorsqu’une unité grammaticale commence en fin de vers, cette partie se nomme un contre rejet.

4- Les rimes

C’est le 2eme élément clé de la versification française. On appelle rime le retour d’un même son en fin de vers. Les rimes sont caractérisées par leur nature, leur qualité et leur disposition
- Nature des rimes : Une rime est dite féminine si elle est terminée par un « e » muet, masculine dans tous les autres cas. Jusqu’au 19eme siècle, la règle était de faire alterner rimes féminines et masculines (Petite question pour voir si vous suivez bien… Pourquoi jusqu’au 19eme siècle ? Et bien parce que le 19eme siècle signe le début du romantisme mais aussi le début du vers libre !!)
- Qualité : Les rimes sont pauvres, suffisantes ou riches selon leur nombre de phonème communs (1 comme dans tout et bout, 2 comme dans tour et amour, 3 comme dans tour et entoure.
- Disposition : Les rimes aabb sont plates ou suivies, les rimes abab sont alternées. Les rimes sont un élément important dans la création d’effets sonores.

5- Les strophes :

La strophe est un regroupement de vers : distique (2 vers), tercet (3 vers), quatrain (4 vers), quintile (5 vers), sizain (6 vers) Ces regroupements qui soulignent des unités de sens, sont aussi générateurs d’effets de continuité ou de rupture. La ponctuation joue alors un rôle important.


6- Les sonorités

L’allitération est la répétition d’un son « consonne » (exemple d’une allitération en [k] : « que », « démusclé », « squelette »
L’assonance, elle, est la répétition d’un son voyelle (exemple d’assonance en [en] dans le 1er tercet : « consolant », « baisant »



III/ Quelques figures de style (les principales)

La figure de style est un procédé d’écriture par lequel l’écrivain vise à obtenir un effet particulier. L’identification des figures de style et l’étude des effets recherchés sont des points clés de la compréhension d’un poème. Je vais vous en présenter quelques-unes seulement :

La comparaison : elle rapproche à l’aide d’un outil de comparaison (comme, tel, …) deux termes appartenant à des domaines différentiels, mais ayant un point commun. (Pas d’exemple, je pense que la définition et le terme en lui-même est assez explicite)

La métaphore : C’est une comparaison incomplète. Elle se met en place sans l’outil de comparaison et donne plus de force à l’image. (Exemple : « Que le trait de la mort sans pardon a frappé » => Cette métaphore compare la mort à un archet et à une flèche qui vient toucher Ronsard. C’est une allégorie de la mort, et « Sans pardon » traduit la fatalité et l’inéluctabilité.

L’allégorie : La Statue de la Liberté représente de façon concrète, sous forme de personnification, une abstraction. C’est une allégorie. L’allégorie permet de rendre concrètes des données abstraites. (Ex : « Soleil » On reconnaît cette allégorie grâce a la 1ere lettre en majuscule du mot. Le soleil représente la vie, la chaleur et la lumière alors que Ronsard parle de cécité, lui.)

Métonymie et synecdoque : La métonymie consiste à désigner un élément par un autre élément ayant avec le 1er une relation logique. Le Cid désigne son épée par le mot « fer ». La synecdoque est un peu la même chose. Il y a simplement une petite nuance que je n’arrive pas encore à cerner…

Euphémisme : Il emploie des termes adoucis pour désigner une réalité cruelle. On le trouve souvent dans les textes ayant comme sujet la maladie et la mort. (Ex : « mon corps s’en va » ; « je m’en vais » présente l’heure inéluctable de la mort fatidique de Ronsard d’une manière adoucie.)

La litote : Elle consiste à dire moins pour faire entendre plus. Dans le Cid, Chimène dit a Rodrigue : « va, je ne te hais point » pour exprimer qu’elle l’aime passionnément.

L’anaphore : c’est une répétition insistante du ou des mêmes termes au début d’un vers. Cette répétition lancinante crée un effet d’écho, d’obsession ou de persuasion. (Ex : « Adieu » apparaît aux vers 7 (une fois) et 13 (2 fois).)


Le chiasme : On ne peut donner qu’un exemple pour définir le chiasme…
« Je n’ai plus que les os
Un squelette je semble »

Le schéma syntaxique du vers considéré est analogue mais inversé : verbe nom / non – verbe
« Je n’ai » et « je semble » sont analogues, mais croisés, ainsi que « les os » et « squelette »

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Grison



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MessagePosté le: Sam Oct 10, 2009 4:36 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pour ma part, je n'adhère pas à un strict respect des règles de la poésie. Je les trouve, ces règles, contraignantes, voire bloquantes, ce qui ne m'empêche pas de m'efforcer, à l'occasion, de jouer sur les mots, utiliser des sous-entendus, et bien sûr d'enrichir la rime.

Ce qui me paraît essentiel, c'est l'histoire de fond, le message que l'on veut faire passer, et les réactions sentimentales que l'on peut induire chez les lecteurs.

Je suis toujours attentif à ne pas sombrer dans la banalité. Ainsi certains de mes poèmes ont été travaillés et retravaillés pendant plus d'un an avant de voir le jour. Certains, d'ailleurs, ne paraîtront sans doute jamais, et resteront probablement inachevés.

Cette rigueur, à laquelle je m'astreins, ne m'empêche nullement de rédiger, en quelques minutes, un texte, qui sera jugé excellent ensuite, alors que ce n'était pas forcément mon avis lors de sa conception.

Je pense que tout écrivain, de même tout compositeur, reste envahi par le doute. Ainsi, j'utilise une solution pour parer à ce problème, laquelle consiste à ranger le texte sur lequel j'ai un doute et de le relire quelques mois plus tard, avec un regard différent.

J'essaie également de varier au maximum les sujets traités, en me documentant le plus possible, ceci afin d'apporter un lot de connaissance et de culture. J'espère encore surprendre, et apporter un certain savoir, sinon quel serait pour moi l'intérêt d'écrire.

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Voici une de mes maximes :

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Taraudhel




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MessagePosté le: Dim Oct 11, 2009 8:21 am    Sujet du message: Répondre en citant

Promis je jette un oeil a ce travail plus tard mais là j'arrive du boulot j'aspire à une bonne douche et un casse croute sur le balcon, je me mets en mode feignasse ^^

Je commenterais après une lecture attentive sur papier :)
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Taraudhel




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MessagePosté le: Mer Oct 14, 2009 8:19 am    Sujet du message: Répondre en citant

Comme le post fait un peu office de FAQ pour le néophytes du genre, je me permet de le placer en post-it :)

Merci de tes éclaircissement à un ignare dans mon genre jeune dame !
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Elvea Indil



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MessagePosté le: Mer Oct 14, 2009 4:39 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Mais de rien ! Ce fut un plaisir !! :)
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