LA PETITE SIRENE
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Sur son rocher elle semble assise.
Les vagues lèchent doucement son corps.
Son image m’apparaît imprécise.
De sa lyre elle égrène quelques accords.
Puis sa voix harmonieuse me parvient,
Sa silhouette se dessine plus clairement,
Sa blonde chevelure, son aspect divin,
Me troublent et m’attirent irrésistiblement.
Sa musique langoureuse, son chant enjôleur,
M’envoûtent. A l’approche de son île, j’y crois.
« Petite sirène tu fais battre mon cœur,
Ta chanson m’enivre, je viens auprès de toi. »
Alors je ressens ses merveilleuses caresses,
De ses bras, de ses mains, de tout son corps.
Elle m’entraîne doucement jusqu’à l’ivresse.
Sous la mer elle m’offre ses trésors.
Puis elle s’entortille autour de moi,
Me serrant tendrement, d’un amour fusionnel,
Comme le feraient un couple de serpents boa
Dans son union frénétique et passionnelle.
Elle pose ses lèvres sur les miennes, et
Dans un très long baiser vole mon air
Mon souffle coupé, subitement en apnée,
Ne me manque plus, bien au contraire.
A aucun moment je ne ressens la douleur,
Ni le manque, ni l’appréhension, ni la frayeur.
Je descends avec elle envahi de bonheur
Dans la nuit éternelle des profondeurs.
Elle me conduit dans son palais englouti,
L’air y est respirable, le confort infini,
Je retrouve les conditions idéales de la vie.
Elle me fait signe de la rejoindre dans son nid.
Le temps passe, je n’ai plus de notion.
Fait-il jour ? Fait-il nuit ? Peu m’importe.
Ces minutes et ces heures d’intenses émotions,
Face à ces références, l’emportent.
Je me sens si bien, cajolé, épanoui, et libre…
Mais captif, malgré tout, consigné dans sa demeure
Où je mets à l’épreuve, à chaque instant, mon équilibre
Où l’incertitude me gagne, de même que la peur.
Consciente de ce malaise, elle n’est que douceur,
Redouble de tendresse, d’attention et de chaleur,
Puis des larmes perlent à ses yeux enchanteurs,
Elle sait que je dois partir, qu’il est l’heure.
Nous parcourons ensemble le chemin à l’envers.
Arrivés à la surface, elle me fait ses adieux,
Puis disparaît à jamais dans la mer,
Emportant aux abysses mon rêve merveilleux.
Comme j’aimerais la retrouver encore,
Partager, à nouveau, ces instants de folie,
Et l’aimer sans fin, de plus en plus fort.
A en perdre la tête, et peut-être la vie.
BLEDOR
Féerie
(11 décembre 2009)
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GRISON Raymond (pseudo BLEDOR) Présent sur YouTube (bledor91), Dailymotion (element8), et Facebook
Voici une de mes maximes :
Plume aiguisée ne fait pas que chatouiller,
Elle sait aussi écorcher de l'autre côté.