Grison

Age: 62 Inscrit le: 02 Mai 2009 Messages: 244 Localisation: EVRY 91000 (France)
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Posté le: Jeu Mai 21, 2009 7:29 pm Sujet du message: Nostalgie - Le ruisseau |
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NOSTALGIE
Marchant au bord de la route d'un pas volontaire et décidé.
Traversant les prés de bocage jusqu'à ce bon vieux moulin.
Arpentant sous la voûte feuillue les chemins forestiers.
Tout cela, plein d'entrain, et fort curieux de bon matin.
Avec le coeur léger je te cherchais, et le regard fier.
Des reflets ont trahis, de tes flots, la présence.
Traquant les clapotis des eaux, je t'ai enfin redécouvert,
Merveilleux ruisseau, souvenir précieux de mon enfance.
LE RUISSEAU
Tu cours dans les prés,
Hante les sous-bois,
Chante sur les adrets,
Murmure dans les bois.
T'étale sur les gravières,
Creuse sous les berges
Des voûtes hospitalières
Où Dame Truite gamberge.
Sur ton parcourt sinueux,
Comme un résident discret,
Parmi les champs herbeux,
Tu véhicules tes secrets.
Criquets, mantes et grillons
Sous mes pas jaillissent,
Enchantant tes environs
De leurs feux d'artifices.
Chemin faisant tu découpes
La vallée aux versants fleuris.
Mis en valeur sous ta coupe
Ce précieux décor s'embellit.
Parfois ton rythme fougueux,
Dans les passages étroits,
Eclabousse de jets mes yeux,
Et de perles d'eau ma joie.
Si tu formes des cascades,
Au pied de la montagne,
Nous irons à la baignade
Avec nos jolies compagnes.
Dans tes gorges profondes,
Refuges du menu fretin,
Le vent frôle ton onde,
Comme la caresse de ma main.
Un troupeau passant à gué
Te trouble, telle une fiancée.
Serais-tu donc émoustillé
A la moindre traversée ?
Si candide à ces effets
Pour tes dons mirifiques
L'innocence est ton attrait
Toi le ruisseau magnifique.
O! Joli ruisseau enchanté,
Que ton eau est tendresse,
Tant de fois je l'ai goûtée
Inoubliables souvenirs de jeunesse.
Lorsque mon ombre disparaissait
Je te suivais dans la forêt.
Sa fine mousse foulais
Son tapis de feuilles perforais.
Cueillant des lèvres fraises et myrtilles,
Fruits sauvages à la saveur musquée,
Goûteux comme les baisers des filles
Volés à l'insu de leurs bouches bées.
Sous les arches de la ronce
Tu te fraies un chemin
Entre les pierres tu triomphes
Je t'abandonne à ton destin.
Grossi par les pluies tardives
Tes eaux couleur d'ambre
Ne se figent jamais, si vives
Même aux soirs de décembre.
Refuge caché, havre de vie
Ton univers biologique abrite
Plantes et animaux en nombre fourni
Que la nature toujours ressuscite.
Une grenouille à l'affût, postée
Sur un douillet tapis de mousse,
Attend patiemment l'insecte égaré,
L'araignée, le vol d'une mouche.
Un merle, dans son noir tablier,
Perché au sommet de l'arbre
Comme un ancêtre oublié,
A la chanson s'attarde.
Une couleuvre hante aussi ce lieu,
D'une rainette ferait bien un festin,
Au bord de l'eau se plait mieux,
Mais la coquette se cache bien.
Une musaraigne par les larves intéressée,
Agitant en tous sens son museau,
Dans ton cours n'hésite pas à plonger,
Cherchant sa pitance parmi les roseaux.
Un martin pêcheur remonte ton cours,
Rasant ta surface de son vol rapide,
Claironnant, au passage, un bref discours,
D'un vairon s'empare dans tes eaux limpides.
Par ici, à l'ombre des frondaisons,
Apparaît une truite de belle taille.
Que cherche t'il ce joli poisson?
Sans doute quelques victuailles.
Dans les champs moissonnés récemment,
Quelques corbeaux glanent le froment,
Deux ou trois pies, du maïs restant,
Se disputent leur part bruyamment.
Mon regard s’arrête sur deux champignons:
A demi cachée par les feuilles, une girolle,
Et un grand cèpe dentelé par les limaçons.
Elle, délice des dieux, s’ouvre en corolle.
Enroulée, formant une spirale,
Une vipère endormie, dans un nid,
Loin de l'eau ne craint pas le râle.
Nonchalante, elle ne se sait pas d'ennemis
Ravissement, suprême émotion,
Une demoiselle timide se pose
Délicatement sur l'ajonc,
Allonge ses ailes et s'y repose.
Les prés bosselés par les travaux
Incessants d’une taupe entêtée,
Forment des monticules et des vaux,
Cassant cette impression de planéité.
Dans les tourbières, les marécages,
Mes bottes s'enfoncent dans la boue.
Traversant un étroit passage,
Je m’enlise dans la vase et les trous.
Petit ruisseau, reste sauvage ;
Si l'homme ne souille pas ce tableau,
Tu resteras toujours à ton image,
Et mon souvenir vivant de marmot.
BLEDOR _________________ GRISON Raymond (pseudo BLEDOR) Présent sur YouTube (bledor91), Dailymotion (element8), et Facebook
Voici une de mes maximes :
Plume aiguisée ne fait pas que chatouiller,
Elle sait aussi écorcher de l'autre côté. |
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